2022-05-06

Souvenir imprimé (projet de chanson)

Mais qu'est-ce qu'ils ont les rouges-gorges, aujourd'hui ?
Toutes leurs chansons tournent en symphonies,
toutes leurs histoires semblent de longs récits.
Façon de voir: “Il défend juste son nid”.

(refrain)
Vis dans l'présent si tu veux l'imprimer,
ou dans dix ans tu l'auras oublié.

La ville ronronne, la ville vit, la ville gronde.
Mais eux raisonnent bien plus fort à la ronde.
Ils savent tout de ce qui fait le monde,
mais loin de nous de comprendre leurs rondes.

(refrain)
Vis dans l'présent si tu veux l'imprimer,
ou dans dix ans tu l'auras oublié.

Alors tu peux voir ce monde comme tu veux.
Prends, si tu veux, si c'est ç'qui t'rend heureux.
Marche sur les gueux, c'est ce que tu penses d'eux.
Dans ce milieu, tu t'adaptes bien mieux.

(refrain)
Vis dans l'présent si tu veux l'imprimer,
ou dans dix ans tu l'auras oublié.

(solo batterie)

Moi j'trouve un coin où je peux l'écouter,
ce monde si bien que tu n'as pas r'gardé.
J'm'arrête en ch'min, j'mets la fleur à mon nez,
et j'y reviens: souvenir imprimé.

(2022-05-06)

2021-06-16

Les arbustes en fleurs

Vous embaumez au passage que l'on s'arrête
sentir votre message, une si simple fête.
Ce chemin est rendu beau parce que vous êtes là
et donnez au badaud de l'odeur votre voix.

Le printemps vous va si bien et colore vos verts
qu'on ne demande rien que de vous être ouvert.
Je ne te cueillerai point, te laisserai au vent.
Je reviendrai demain recevoir ton présent.

Je pose mes mains sur toi pour me sentir de Terre,
depuis moins long que toi, mais du même mystère.
Qu'avait-elle bien en tête en te faisant si beau ?
Le sens du plaisir, peut-être, et le mien le vaut.

Le soleil s'y met en rajoutant un couche
d'orange, s'il te plaît, à rendre bée la bouche.
C'est sûr je reviendrai, demain, un autre jour,
et en redemanderai, encore et toujours.

(2021-06-15)

2021-03-09

Ce qu'on ne dit pas à propos de l'amour

On ne l'a jamais dit – et pourtant c'est si fort -
qu'en soi l'amour fait son nid, jamais il n'en sort.
Si l'aimée disparait, à grands cris, à grands coups,
le sentiment restait, de la chance le goût.

Comme si sur un lac le coeur partait en ondes,
en tendres ressacs enjolivant le monde,
ignorant de la brume, de la sombre fin,
et laissant dans l'écume un délicieux parfum.

Si l'amour est défait – peu importe pourquoi -,
trop tard, le bien est fait et restera en soi.
Ces souvenirs sont miens et je les garderai,
ça me fait tant de bien d'avoir été aimé.

Ce serait vie vide de ne l'avoir vécu,
traversée aride, ça ne m'aurait pas plu.
Le sourire aux lèvres, le coeur se repose,
a connu la fièvre, a connu l'osmose.

(2021-03-09)

2020-04-30

Les as et les os

Il est, sur mon livre, de nombreuses belles pages
remplies de torrents ivres, et de sourires sages
formant, somme toute, un bien seyant ensemble ;
peut-être, en route, un coin corné, il me semble.

De voir ces feuillets ballotés par ce printemps
me fait un effet – Je n'en attendais pas tant –
dont la puissance m'étonne et la douceur m'émeut,
au regard que je donne sur ce roman houleux.

Aucun de ces 'a's, de ces 'o's, de ces phrases;
ne se noircira, ni fera table rase
de ce plaisant récit aux courbes un peu raides,
qu'encore je chéri, sereinement et sans aide.

(2020-04-29)

Le feu follet

Que cherches-tu au-delà de l'instant présent?
Que pourrait-il manquer, là, pour qu'il soit plaisant?
A vouloir regarder loin, tu ne me vois plus
m'agiter en vain. L'instant est déjà perdu.
Tu rêves tout haut, ceci était bien réel.
Changer le vin en eau est conte de menestrel.
Faut-il revoir les souvenirs des aventures?
Tu n'étais qu'avenir détruisant le futur.
As-tu goûté seulement au présent qui était,
ou faisais-tu semblant en ce que tu testais?
Je me suis fait berner parce que j'y croyais.
Peu importe, j'ai aimé, fut-ce même un feu follet.

(2020-01-24)

2019-09-24

Promenade du diable

à Alain

Je ne t'ai pas appelé à l'aide, cette fois,
et je te montre ici la raison de cela.
Non, je n’ai pas envie de me couper de toi
en ce moment sibyllin qu’est ce curieux mois.

Je voulais promener, prendre des images.
J’étais émerveillé, et là je partage
avec toi, mon ami, comme tant d’autres choses,
un de mes « ici et maintenant » grandiose.

Tu as raison, chacun des diables était bien lourd.
J’écrirai sur le sable au besoin de secours.

(2019-09-21)

2019-09-13

La beauté intrinsèque

Tu lèves la tête au ciel et y vois des guerriers,
des dragons, des licornes et des petits lutins.
Devant ces nuages, je suis émerveillé,
pourtant, la plupart du temps, je n’y cherche rien
parce que le ciel est beau, quoi qu’il s’y passe,
quel que soit l’état dans lequel il se montre.
Aucune image ou équation ne démontre
la beauté intrinsèque dont je ne me lasse.

Le jour s’en va en une explosion fugace,
quatorze milliards d’années de mise en place.
Chaque soir, chaque matin, un spectacle différent
laisse en moi du privilège le sentiment.

Ce n’est pas fini, voilà qu’il s’illumine,
donne toute une perspective sur le vertigineux
de cette ronde dans le temps qui dissémine,
à portée de photo, tous ces points lumineux.

Absolument rien en cela ne m’inspire
à cheminer sur le sentier de la guerre.
Bien au contraire, en moi ne coule que le désir
de goûter ce qu’il offre sans vouloir le défaire.

(2019-09-03)